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Rôle d’un assistant sanitaire en séjour : au-delà du PSC1

3 juillet 2026 · 6 min de lecture
Rôle d’un assistant sanitaire en séjour : au-delà du PSC1

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Un soir de séjour, vers vingt-deux heures, une enfant de dix ans est venue frapper à la porte de l’infirmerie sous prétexte d’un mal de ventre. Elle n’avait pas mal au ventre. Elle avait le mal du pays, une dispute avec sa meilleure amie, et personne à qui en parler depuis le début de la semaine. Elle a pleuré pendant une demi-heure, j’ai noté « douleur abdominale, résolution spontanée » dans le registre, et elle est repartie dormir.

Ce moment-là, je l’ai vécu plusieurs fois, sous des formes différentes. Et c’est lui qui dit le mieux ce que le rôle d’un assistant sanitaire en séjour recouvre vraiment, au-delà de ce qu’en disent les textes réglementaires.

Ce que dit la réglementation, clairement

Le cadre légal est précis et non négociable. La présence d’un assistant sanitaire est obligatoire dans tout accueil collectif de mineurs comprenant au moins une nuitée. Ce rôle est encadré par les articles R.227-1 à R.227-30 du Code de l’action sociale et des familles.

La personne désignée doit être titulaire au minimum du PSC1 (Prévention et Secours Civiques de niveau 1) ou d’une formation équivalente. Elle peut être un animateur BAFA ou BAFD, et dans certains cas le directeur lui-même peut assumer cette fonction. Le BAFA n’est pas obligatoire pour occuper ce poste, mais il reste un atout réel pour comprendre le fonctionnement global d’un séjour, comme je l’explique dans l’article sur les étapes pour obtenir le BAFA.

Ses missions réglementaires couvrent plusieurs domaines. Elle collecte les fiches sanitaires de liaison, documents obligatoires remis par les familles avant le départ, qui recensent les traitements en cours, les allergies, les régimes particuliers et les antécédents médicaux significatifs. Elle gère la trousse de secours et s’assure que les médicaments sont conservés sous clé, à l’exception des traitements qui doivent rester en permanence accessibles à l’enfant (un Ventoline pour un enfant asthmatique, par exemple). Elle consigne chaque soin dans le registre sanitaire, le cahier d’infirmerie, document dont la bonne tenue peut être vérifiée lors d’un contrôle de la SDJES, anciennement Direction Départementale de la Cohésion Sociale.

En cas de situation grave, elle informe le directeur, qui doit alerter sans délai le préfet du département et les familles concernées.

Ce que les textes ne disent pas

Ce cadre réglementaire est essentiel. Il ne dit rien, en revanche, de la dimension relationnelle du poste, qui est souvent la plus intense.

L’infirmerie dans un séjour est un espace à part. C’est un endroit où on peut venir sans performance, sans groupe, sans regard des camarades. Les enfants le comprennent instinctivement, et ils s’en servent, pas seulement pour les genoux écorchés. J’ai vu des enfants qui n’arrivaient pas à s’endormir seuls venir avec l’idée « d’avoir mal à la tête » pour quelques minutes de présence calme et individuelle. J’en ai vu qui venaient rapporter des conflits avec des camarades qu’ils n’osaient pas nommer à leur animateur. J’en ai vu qui venaient simplement pour vérifier qu’un adulte était là.

Cette fonction-là n’est pas dans les textes. Elle se construit dans le quotidien du séjour.

Ce que ça demande, concrètement

rôle d’un assistant sanitaire en séjour eveil avec asma

Être assistant sanitaire en séjour demande une organisation rigoureuse dès l’avant-séjour. La lecture attentive de chaque fiche sanitaire est une étape qui ne se fait pas à la va-vite. Certaines fiches signalent des allergies alimentaires sévères (arachides, lait, gluten selon les profils) qui nécessitent une coordination avec l’équipe de cuisine. D’autres mentionnent des traitements quotidiens à horaires fixes, comme les antiépileptiques ou certains traitements hormonaux, qui demandent d’établir d’emblée une routine précise.

Les Projets d’Accueil Individualisé, les PAI, méritent une attention particulière. Ce sont des documents signés entre la famille, le médecin et parfois l’école, qui précisent les conduites à tenir en cas de crise. Un PAI pour un enfant diabétique ou pour un enfant ayant des antécédents de choc anaphylactique doit être lu, compris et partagé avec toute l’équipe, pas seulement avec l’assistant sanitaire.

Avez-vous déjà réfléchi à ce que ça signifie d’être la seule personne de l’équipe qui connaît l’ensemble du profil médical de chaque enfant ? C’est une responsabilité réelle, qui demande autant de discrétion que de rigueur.

Ce qui ne fonctionne pas toujours

La limite la plus courante que j’observe, dans les équipes que j’ai formées ou accompagnées, c’est la tendance à isoler le rôle d’assistant sanitaire du reste de la dynamique d’équipe. L’AS reste « dans son coin », l’infirmerie tourne en vase clos, et l’information ne circule pas.

Ça dépend vraiment de la façon dont le directeur structure la communication interne de l’équipe. Un assistant sanitaire qui ne participe pas aux réunions d’équipe du soir, ou qui ne partage pas les informations pertinentes avec les animateurs de groupe (dans le respect du secret médical, bien sûr), peut se retrouver à gérer des situations qu’une meilleure circulation de l’information aurait pu prévenir.

Un autre point de friction fréquent : la pression des parents. Certaines familles appellent chaque jour pour savoir si le traitement a bien été donné, si leur enfant a mangé, si son allergie a été respectée. Ce n’est pas de la méfiance en général, c’est de l’inquiétude légitime. Savoir y répondre avec calme et précision, en s’appuyant sur le registre bien tenu, est une compétence relationnelle autant qu’organisationnelle.

Ce que j’en retiens

Le rôle d’assistant sanitaire est souvent présenté comme un rôle technique annexe au sein de l’équipe. Je ne partage pas cette lecture. C’est un poste qui place celui ou celle qui l’occupe au carrefour du soin, de la relation et de la confiance, les trois piliers d’un séjour réussi.

L’infirmerie bien tenue, c’est ce qui permet aux enfants de partir en confiance, et aux familles de les laisser partir. On ne le voit pas toujours de l’extérieur. Mais ça travaille, pour tout le monde, du premier au dernier jour.

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Portrait d'Asma

Asma

Je suis animatrice diplômée BPJEPS LTP et formatrice BAFA en Île-de-France. Mon parcours, je l'ai construit sur le terrain auprès d'enfants et d'adultes en situation de handicap, dans des séjours adaptés, aux côtés de structures qui cherchaient à faire autrement. Ce que j'ai appris de toutes ces expériences, c'est qu'aucune méthode ne vaut si elle ne vous ressemble pas. C'est dans cet esprit que j'écris ici, avec soin, avec précision, et sans prétendre avoir le dernier mot.

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