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Les 10 principaux droits de l’enfant, vus du terrain

30 juin 2026 · 5 min de lecture
Les 10 principaux droits de l’enfant, vus du terrain

Sommaire

Un enfant en situation de handicap, accueilli dans un centre de loisirs où je travaillais, m’a un jour demandé pourquoi il n’allait à l’école que trois matinées par semaine, alors que tous ses camarades y allaient tous les jours. Je n’ai pas eu de réponse satisfaisante à lui donner sur le moment. J’avais simplement constaté, comme professionnelle, que c’était la réalité de son emploi du temps, sans jamais m’arrêter sur ce que ça disait d’un droit pourtant censé être garanti pour lui comme pour les autres.

Les 10 principaux droits de l’enfant existent depuis la Convention internationale des droits de l’enfant, adoptée par les Nations unies en 1989 et ratifiée par la France l’année suivante. Ce texte de 54 articles a été résumé, pour le rendre accessible, en dix droits fondamentaux que l’on retrouve sur la plupart des supports pédagogiques destinés aux enfants. Je ne vais pas me contenter de vous les lister. Je préfère vous parler de ce qu’ils deviennent, concrètement, quand on travaille au quotidien avec des enfants dont certains droits restent, en pratique, plus fragiles que d’autres.

Ce que ces dix droits recouvrent

Ces droits couvrent des dimensions très larges de la vie d’un enfant : la protection contre toute forme de discrimination, le droit à un nom et une nationalité, le droit à une alimentation suffisante, le droit à la santé, le droit à l’éducation, le droit d’être protégé contre la violence, le droit à une vie de famille, le droit de s’exprimer librement, le droit aux loisirs, et le droit à une justice adaptée à son âge.

Ce qui frappe, quand on les regarde tous ensemble, c’est leur évidence apparente. On a presque envie de dire : bien sûr, qui contesterait ça ? Et pourtant, l’écart entre ce texte et la réalité vécue par certains enfants reste considérable, même dans des pays qui ont signé et ratifié la Convention depuis longtemps.

10 principaux droits de l’enfant eveil avec asma

Le droit à l’éducation, vu depuis mon métier

Je m’arrête particulièrement sur le droit à l’éducation, parce que c’est celui que je vois le plus souvent fragilisé dans ma pratique. À l’échelle mondiale, on estime que 90% des enfants en situation de handicap ne sont pas scolarisés. En France, la situation est différente, heureusement, mais elle reste loin d’être réglée : des délais d’attente longs pour obtenir une reconnaissance auprès de la Maison départementale des personnes handicapées, des accompagnants d’élèves en situation de handicap insuffisants en nombre, des emplois du temps aménagés qui, dans les faits, réduisent considérablement le temps de scolarisation réelle.

Ce droit existe sur le papier. Il existe parfois beaucoup moins dans le quotidien d’un enfant précis, avec un dossier précis, dans une académie précise. Et c’est souvent là que tout se joue : pas dans la reconnaissance du principe, largement acquise aujourd’hui, mais dans les moyens concrets pour le rendre réel. C’est aussi ce qui sépare, dans les faits, une logique d’intégration d’une véritable logique inclusive : un enfant peut être inscrit dans une école sans que celle-ci se soit réellement transformée pour l’accueillir.

Le droit de s’exprimer, et ce qu’on en fait vraiment

Un autre droit me semble particulièrement révélateur de cet écart : le droit de l’enfant à exprimer son opinion et à être entendu. Ce principe figure explicitement dans la Convention, à l’article 12. Mais avez-vous déjà remarqué à quel point, dans la pratique, on demande rarement leur avis aux enfants sur ce qui les concerne directement, surtout quand ils présentent des besoins particuliers ?

J’ai longtemps travaillé avec des enfants qui ne s’exprimaient pas par la parole, ou difficilement. Dans ces situations, le droit d’être entendu demande un effort réel d’observation et d’adaptation de la part de l’adulte. Ce n’est pas suffisant de cocher la case « l’enfant a le droit de s’exprimer » si on ne se donne pas, en parallèle, les moyens de comprendre ce qu’il exprime à sa manière.

Une nuance qu’il me semble important de poser

droits de l’enfant eveil avec asma

Je ne veux pas laisser penser que ces droits seraient simplement des promesses creuses. Ce serait injuste envers tout ce qu’ils ont permis d’obtenir depuis 1989, et envers les professionnels qui se battent chaque jour pour les faire respecter dans des conditions souvent compliquées. La Convention a posé un cadre juridique contraignant pour les États signataires, et ce cadre a réellement changé la condition des enfants dans de nombreux pays.

Mais ça dépend vraiment, ensuite, des moyens alloués pour transformer ce cadre en réalité quotidienne. Un texte international, même solide, ne suffit pas à lui seul. Il a besoin de relais concrets : des professionnels formés, des structures adaptées, des familles informées de ce à quoi leur enfant a droit, et des adultes prêts à s’en saisir au quotidien, pas seulement à le réciter.

Ce que j’en fais, concrètement

Dans les formations BAFA que j’anime, je présente rarement ces dix droits comme une liste à mémoriser. Je préfère partir d’une situation vécue, comme celle de cet enfant qui m’a posé sa question sur l’école, et demander aux futurs animateurs lequel de ces droits leur semble le plus fragile dans leur propre pratique à venir.

C’est une façon, je crois, de rendre ce texte vivant plutôt que figé. Parce que connaître les droits de l’enfant ne suffit pas. Ce qui compte, c’est ce qu’on en fait, concrètement, face à un enfant précis, dans une situation précise, où ce droit n’est pas encore tout à fait garanti.

On ne le voit pas toujours, l’écart entre le principe et la réalité. Mais il existe, et il mérite d’être regardé en face, sans cynisme ni naïveté.

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Portrait d'Asma

Asma

Je suis animatrice diplômée BPJEPS LTP et formatrice BAFA en Île-de-France. Mon parcours, je l'ai construit sur le terrain auprès d'enfants et d'adultes en situation de handicap, dans des séjours adaptés, aux côtés de structures qui cherchaient à faire autrement. Ce que j'ai appris de toutes ces expériences, c'est qu'aucune méthode ne vaut si elle ne vous ressemble pas. C'est dans cet esprit que j'écris ici, avec soin, avec précision, et sans prétendre avoir le dernier mot.

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